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Les
patients souffrant d'asthme sont, à l'instar
des patients allergiques, de plus
en plus nombreux. Le pourcentage de la population
atteinte varie selon les pays et les âges entre
10% et 25% de
la population.En France, 2500 personnes meurent d'asthme
tous les ans et la moitié ont moins de 30 ans.
L'asthme non traité évolue fréquemment
vers de l'emphysème.
L'asthme
est une maladie caractérisée par "un
état inflammatoire chronique des bronches dans
lequel de nombreuses cellules jouent un rôle,
en particulier mastocytes, éosinophiles et
lymphocytes T"(Rapport NHLB/OMS
Rev.fr.Allergol., 1996, 36, 6) .
La
maladie asthmatique a une histoire naturelle qui en
montre l'évolution.
- Premier
âge, beaucoup des asthmes de cet âge
sont liés à des viroses. Certains
des enfants atteints continueront à faire
de l'asthme. Les reflux gastro-oesophagiens sont
également source d'inflammation bronchique.
Des signes d'atopie associée sont en faveur
d'une cause allergique (souvent alimentaire) et
d'un terrain propice à l'installation d'une
maladie asthmatique.
- Enfance,
pour citer à nouveau l'OMS:"la notion
prédominante liée à l'asthme
chez l'enfant est l'allergie". C'est encore
plus vrai dans nos pays développés:
un asthme de l'enfant doit toujours bénéficier
d'une prise en charge par un allergologue
qualifié.
- Adulte,
beaucoup d'asthmes de l'adulte semblent être
la réactivation d'asthmes de l'enfance qui
étaient sous-diagnostiqués et négligés
en attendant la fameuse "adolescence"
où les symptomes peuvent s'atténuer.
A cela se rajoutent les asthmes professionnels,
quelques viroses et, chez la femme, des asthmes
lors des grossesses ou en apparition en périménopause
(un rôle hormonal est certain mais mal déterminé).
Nous
l'avons vu, l'asthme est une maladie inflammatoire
chronique des bronches. Elle se différencie
des BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive)
par une atteinte distale initiale. ce sont les petites
bronches qui sont atteintes en premier avec, au fur
et à mesure de l'évolution de la maladie
asthmatique, une extension ascendante.
J'ai coutume de comparer le poumon à un arbre:
le larynx et la trachée en seraient le tronc,
puis viendraient les grosses bronches/branches, puis
les moyennes , puis les petites et enfin les alvéoles/feuilles.
L'asthme touche donc la partie distale de l'arbre
bronchique. il réalise à l'intérieur
de ce "tuyau" un oedème de la paroie
qui en rétrécie la lumière et
des sécrétions extrêmement épaisses
et adhérentes (crachats perlés de Laënnec)
qui rendent illusoire toute vélléitée
de drainage (n'oubliez pas que nous sommes au fond
de l'arbre bronchique...). A cela se rajoute un muscle
lisse qui entoure ce "tuyau" et est fréquemment
serré de façon permanente (spasme permament)
avec des exacerbations ponctuelles que le patient
ressent (parfois) comme des "crises". Le
spasme ne laisse plus qu'une fine fente pour laisser
écouler l'air et celui-ci fait donc "siffler"
(wheezing ou sibilants) les bronches en passant.
Cet
état respiratoire se conçoit bien quand
on le schématise ainsi mais il est dommage
qu'il ne soit pas plus souvent visualisé. Voir
son asthme, c'est déjà en prendre un
peu plus conscience que de garder cela en concept
trés théorique. Il existe à cet
effet un examen trés simple qui devrait être
réalisé de façon au moins
annuelle chez tout asthmatique qui présente
plus d'une crise par an: l'exploration fonctionnelle
respiratoire (ou EFR) avec son examen principal:
la courbe débit/volume.

Cette
courbe mets en évidence l'écoulement
(débit) de l'air (volume) au travers des bronches.
On y voit ainsi les obstructions des bronches à
leurs différents étages. Une atteinte
des bronches en faveur d'un asthme est un demm (débit
moyen 50/25, donc moyennes et petites bronches) inférieur
à 80% de la normal avec en plus une réversibilité
sous bronchodilatateur. Le débit de pointe
(peak flow), trés à la mode et médiatique,
n'est pas à mon sens un bon élément
pour suivre un asthme. Il peut être faussement
rassurant et masquer un asthme sévère.
On lui préférera une vraie spirométrie
réalisée par un praticien
qualifié.
Les
thérapeutiques à notre disposition sont
symptomatiques:
- les
corticoides inhalés, plus ou moins puissants.
Il faut toujours rechercher la dose minimale efficace.
- les
bronchodilatateurs longue durée, ils n'ont
de sens à mon avis que dans des asthmes sévères
et pour lesquels ils ne sont qu'un pis aller. Mais
c'est ma position et certains les utilisent au long
cours sans arrière pensée.
- les
antileucotriènes, dont l'autorisation d'utilisation
en France est trés floue et assez peu conforme
aux pratiques des autres pays (Etats Unis). Ils
semblent pourtant apporter un plus.
- les
théophyllines, considérées
comme une thérapeutique vieillotte dans notre
pays, d'autres les utilisent en première
intention. Ils imposent une surveillance biologique
des taux sériques car leur dose toxique est
assez proche de la dose efficace.
Le
traitement étiologique sera en cas d'allergie,
le traitement de cette allergie. L'éviction
pour les aliments, l'éviction et/ou la désensibilisation
pour les aéroallergènes.
Version
grand public
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