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en version synthétique)
La
maladie atopique, sa prévention & ses traitements:
| Introduction | Définition
| Physiopathologie | Formes
cliniques | Bilan | Traitements
| Prévention | Conclusion
| Bibliographie
Introduction:
Les maladies allergiques sont actuellement considérées
par l'OMS comme la quatrième pathologie en
terme d'importance; il y a seulement dix ans elles
étaient au sixième rang...
Cette spectaculaire
envolée touche surtout les pays dits "développés"
et particulièrement les enfants de ces pays.
En effet, en trois générations le pourcentage
d'enfants présentant des signes d'atopie est
passé de cinq à dix puis vingt-cinq
pour cent.
Mais quel est donc ce fléau qui touche un
enfant sur quatre à la naissance? Malheureusement
les définitions en sont variables avec le temps
et ... les écoles!
Pourtant les mécanismes qui amènent
à l'atopie et à l'allergie sont aujourd'hui
bien connus. Ils reposent sur des notions simples:
la présence d'anticorps IgE, l'immunité
passive, la balance lymphocytaire Th1/Th2.
Des traitements existent également et sont
de plus en plus performants, seule la diversité
des expressions cliniques en rend la prise en charge
délicate et spécialisée.
La prévention de l'atopie doit être
un objectif de tout médecin car elle est à
la base de la prise en charge: à la fois bénéfique
pour le patient déjà allergique et efficace
dans la prévention de l'apparition des nouveaux
cas.
Le manque de formation sur les allergies et de médecins
spécialistes référents de cette
pathologie se fait parfois cruellement sentir et il
n'est pas rare de voir un enfant atopique errer de
la consultation d'un spécialiste à l'autre.
Nous allons ici vous rappeler les bases du problème
"atopie"et des moyens thérapeutiques
dont vous disposez pour le résoudre.
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Définitions:
En 1923, Coca et Cooke proposèrent de réunir
sous un même terme les manifestations cliniques
d'allergie, ils choisirent le terme d'atopie du grec
a (privatif) topos (lieu). En effet, ces maladies
n'avaient pas d'explication infectieuse connue et
apparaissaient pour des substances communes de l'environnement
et ce accompagné d'une notion d'hérédité
et de formes familiales.
Pour Bach et David1 , la délimitation
des frontières de l'atopie est délicate
et leur définition la plus sûre en est
plutôt "l'association de manifestations
cliniques d'hypersensibilité et de la production
excessive d' IgE". La confirmation biologique
semble en être un élément essentiel.
Au regard de ces définitions, il nous semble
plus raisonnable de considérer comme principaux
dans la définition de l'atopie les éléments
suivants:
- Notion de familles à risque
- Dépendance vis à vis des IgE
- Notion d'allergènes communs de l'environnement
Un atopique semble donc être un sujet capable
de répondre de façon spontanée
aux allergènes communs de l'environnement par
une réponse IgE spécifique.
Ceci sera à différencier de l'allergique
qui ne réagira aux allergènes communs
de l'environnement que sous l'effet d'une rupture
des défenses naturelles: infectieuse, toxique
ou par abondance d'allergène.
Nous touchons là du doigt la difficulté
à différencier en pratique un atopique
d'un sujet allergique commun car l'appréciation
de l'état "normal" des défenses
naturelles de l'organisme est difficile. Cette
nuance est pourtant importante car il sera relativement
facile de prévenir l'apparition de nouveaux
cas "d' allergiques" mais plus difficile
d'empêcher un sujet de devenir atopique car
la prédisposition génétique sera
toujours présente.
Nos environnements se sont modifiés très
rapidement ces dernières années et l'exposition
à certains allergènes se fait plus intense
(acariens),
les toxiques (tabac, pollution) sont omniprésents
et les défenses naturelles de l'organisme sont
mises à mal par des infections virales (collectivité).
Ceci a rendu le problème des allergies extrêmement
préoccupant amenant les atopiques à
multiplier les formes cliniques et à réagir
de plus en plus précocement et les sujets "normaux"
à développer des allergies de novo.
Il sera difficile de rompre avec les mauvaises habitudes
de nos modes de vie car les effets de telles mesures
ne pourront se faire sentir que sur plusieurs générations.
En conclusion, il est aujourd'hui indispensable d'étendre
les mesures préventives et thérapeutiques
de l'atopie aux patients allergiques car ceux ci sont
de nos jours et du fait de notre mode de vie, de plus
en plus nombreux. Il faudra garder à l'esprit
que de telles mesures préventives si elles
limitent l'apparition de nouveaux cas ne seront jamais
absolues.
Physiopathologie:
- L'atopie: elle présente une différence
essentielle avec l'allergie usuelle c'est d'avoir
de façon spontanée la capacité
de développer une réponse à
IgE2 vis à vis des allergènes
communs de l'environnement. Ceci repose sur deux
faits particuliers:
- Il existe une transmission héréditaire
de la synthèse des IgE totales d'un mode
Mendélien. Les gênes dominants
RR (homozygote) et Rr (hétérozygote)
gouvernent le faible taux d' IgE totales tandis
que les sujets rr synthétisent des taux
élevés d'IgE.
- Il existe dans les familles d'atopiques une
orientation de réponse lymphocytaire
vers les lymphocytes dits Th2.
En effet, Il existe dans l'organisme, de façon
schématique, une auto-régulation entre
deux sous populations lymphocytaires que sont les
lymphocytes Th1 et les lymphocytes Th2.
- Les lymphocytes Th1 sont sécréteurs
d'interleukines 2 et d'interféron gamma
qui favorisent une réponse immunitaire
à IgG, M, A et cellulaire.
- Les lymphocytes Th2 sont sécréteurs
d'interleukines de type 4, 5 ou 13 qui induisent
une réponse à IgE et une inflammation
éosinophilique.
Ces deux voies normalement en état d'équilibre
sont orientées vers une réponse Th2
dans les familles d'atopique. Ces deux anomalies
associées contribuent à créer
chez l'atopique un état de base favorable
au développement des allergies. Les facteurs
irritants, infectieux ou toxiques y sont une circonstance
supplémentaire mais non indispensable au
développement de l'allergie, pour laquelle
seule suffit l'exposition allergénique
- Chez l'allergique: Il n'existe pas ce caractère
de "terrain atopique", la notion de rupture
de l'immunité passive y est donc fondamentale.
- Notion d'immunité passive: Notre
organisme est protégé du monde extérieur
par une interface cutanée (la plus petite
et la plus visible) et une interface muqueuse (la
plus grande mais la plus méconnue). Peau
et Muqueuse ont un rôle de barrière
physiologique qui est la base de l'immunité
puisque cette barrière est fondamentale pour
délimiter le soi du non-soi. Cet effet barrière
repose sur une immunité avant tout aspécifique.
C'est le rôle des sécrétions
muqueuses et sébacées, des larmes,
de la mobilité ciliaire, du renouvellement
cellulaire, de la desquamation, de la kératinisation,
de la flore commensale, du transit, de la toux que
de préserver notre organisme d'un contact
prolongé avec l'environnement extérieur
et d'éviter ainsi la mise en place d'une
réaction immunitaire active. Cette interface3
mise en défaut par un déficit congénital,
toxique, infectieux ou par l'abondance d'antigène
(cette dernière est discutée) permettra
la mise en place d'une réponse immune spécifique.
C'est ici que se pose la question du terrain car
ces interfaces ( épithélia ) ne sont
pas parfaites et laissent dans des conditions normales
filtrer des antigènes qui lorsque le terrain
est propice (atopie) permettront le développement
d'une allergie alors que ce ne sera pas la cas chez
la majorité des sujets. L'allergie sera induite
chez le sujet non prédisposé par la
rupture de cette immunité passive et la mise
en place d'une réponse IgE spécifique
vis à vis de l'agresseur. Or, nous avons
vu qu'il existait un équilibre Th1/Th2. Un
déséquilibre local est créé
favorisant l'apparition d'une réponse Th2
et pour peu que l'irritant, l'infection ou le toxique
s'accompagne d'un contact allergénique ...
la "machine à allergie" est en
place et développera les anticorps spécifiques
de type IgE nécessaire. Une fois l'anticorps
E spécifique développé celui-ci
gagnera la circulation pour aller se fixer sur les
membranes des mastocytes
(cellules tissulaires) et des basophiles
(cellules circulantes). Le contact suivant de l'allergène
avec l'organisme entraînera une réaction
d'activation de ces cellules avec libération
d'histamine et de nombreux autres médiateurs
réalisant la phase initiale caractérisée
par la forme aiguë de l'allergie (sécrétion,
vasodilatation, prurit...) suivie (dans les 6 heures)
d'une phase inflammatoire particulière (à
Polynucléaires
éosinophiles). Il est bon de se rappeler
maintenant le mécanisme d'autorégulation
Th1/Th2: la bascule vers le Th2 s'auto-amplifie
ce qui explique que de faibles quantités
d'allergènes suffisent alors à entretenir
la réaction. Par ailleurs, l'allergie et
son inflammation4 réalisent
une rupture de l'immunité interfacielle ce
qui accroît encore la possibilité d'une
nouvelle réaction. Certains auteurs5
ont même mis en évidence une corrélation
virus/allergène par l'existence lors de cette
inflammation de l'expression muqueuse de molécules
d'adhésion de type ICAM1 qui aident à
la pénétration des rhinovirus dans
le rhinopharynx. Ceci corrobore les "connaissances
médicales intuitives"(pompeusement appellées
"evidence based medicine") qui veulent
que virus ou allergie les symptômes soient
très mêlés et les points communs
nombreux... Nous comprenons maintenant beaucoup
mieux la notion d'atopie et l'importance de l'intégrité
des barrières muqueuses et cutanés
dans la prévention des allergies. Nous allons
maintenant en aborder succintement les formes cliniques
avant de nous pencher sur la prévention et
les thérapeutiques à notre disposition.
Formes
cliniques:
- Lieu d'expression de l'allergie
L'allergie immédiate se manifeste partout
où il existe des IgE spécifiques, un
allergène, une cellule effectrice et que ceux-ci
sont bien agencés.
L'IgE spécifique, synthétisée
par des clones lymphocytaires B, se distribue via
la circulation générale. Cette portion
circulante constituera celle dosée dans un
RAST° ou dans un Phadiatop°. Les IgE seront
captées par les cellules présentant
un récepteur à IgE, soit essentiellement
les basophiles et les mastocytes ces derniers sont
tissulaires et sont donc les principaux responsables
des formes tissulaires d'allergie.
Il faut garder à l'esprit cette notion d'immunité
muqueuse qui veut qu'un lymphocyte mémoire
spécifique d'un allergène se divise
puis se répartisse par un phénomène
de homing sur l'ensemble des muqueuses rendant ainsi
possible une réaction immunitaire à
distance du point de contact originel (par exemple:
crise d'asthme lors de l'ingestion d'un allergène
alimentaire).
A cette notion d'immunité muqueuse se rajoute
la notion "d'ambiance cytokinique ". En
effet, nous l'avons vu, il existe une balance entre
différents systèmes lymphocytaires qui
s'autorégulent au travers de leurs propres
sécrétions de cytokines (l'interféron
gamma inhibe la déviation vers une réponse
Th2 et l'interleukine 4 inhibe la déviation
vers une réponse Th1)6 .
Un déséquilibre en faveur d'une voie
crée donc une plus importante sécrétion
cytokinique et donc l'amplification du phénomène.
Ces notions7 permettent de mieux
appréhender les formes cliniques de l'atopie
qui sont rarement simples mais bien souvent pluri-organiques.
- Les formes cliniques classiques en sont:
C'est la plus "connue" des formes cliniques
de l'atopie. Du point de vue physiopathologique
elle présente des similitudes avec l'allergie
immédiate et avec les hypersensibilités
dites retardées. Il n'est contesté
par personne qu'un allergène local (acarien)
ou général (aliment) puisse être
responsable de poussées. Il est également
bien connu que tant que la peau n'aura pas retrouvé
son rôle physiologique de barrière
elle sera aisément sujette à de nouvelles
poussées inflammatoires par le biais des
allergies certes mais également des surinfections
virales ou staphylococciques, des irritants (laine,
synthétiques...) ou des toxiques (parfums,
conservateurs...). Son traitement repose donc sur
la restauration d'une peau saine ... Ce qui semble
une évidence mais qui n'est pas si facile
ni à faire comprendre ni à obtenir.
- L'asthme,
dont il convient de différencier les
formes intrinsèques des formes acquises
ou extrinsèques. L'asthme intrinsèque
se caractérise par l'absence de facteur
extérieur responsable de la pérennisation
de l'inflammation. Cette notion perdure dans
certaines écoles mais en fait la frontière
entre l'intrinsèque et l'extrinsèque
est très formelle.
On rappellera ici que l'asthme se caractérise
par une inflammation bronchique distale et une hypersensibilité
bronchique. Le rapport du groupe de travail de
l'OMS en propose d'ailleurs la définition
suivante:
L'asthme est un état inflammatoire
chronique des bronches dans lequel de nombreuses cellules
jouent un rôle, en particulier mastocytes, éosinophiles
et lymphocytes T. Chez des individus prédisposés,
cette inflammation provoque des épisodes récurrents
de sifflements, essoufflements, oppression et toux,
particulièrement au cours de la nuit ou à
l'aube. Ces symptômes sont habituellement liés
à une limitation diffuse mais variable du flux
aérien qui est, au moins partiellement, réversible
soit spontanément, soit par action thérapeutique.
Cette inflammation provoque aussi une augmentation
de la réactivité bronchique vis à
vis de stimuli variés.
On y retrouve la notion de physiopathologie évoquée
plus haut qui veut que la persistance de l'inflammation
soit responsable d'une augmentation de réactivité
vis à vis de stimuli qui deviennent variés
(infectieux, allergiques ou toxiques).
- Les
infections ORL à répétition,
où souvent la part allergique est méconnue
car mêlée à l'infection virale.
Il y est particulièrement simple d'appréhender
le principe de l'auto-entretien de l'inflammation:
un nez bouché retient toutes les particules
inspirées, or la muqueuse y est plus perméable.
Virus ou allergène, tous les éléments
sont alors réunis pour que ce nez s'inflamme
à nouveau. Il en est de même pour le
cavum, le pharynx, les oreilles...
- Les
conjonctivites, où le rôle
des larmes est primordial car c'est là la
barrière immunitaire naturelle de l'oeil.
Une sécheresse cutanée est la porte
ouverte à l'allergie et l'allergie elle même
est bien souvent cause de sécheresse oculaire.
Parfois, la conjonctivite chronique de l'enfant
atopique se complique dĠun keratocône.
- Urticaire
et angiooedèmes, parfois allergiques...surtout
dans le cadre d'aliments ou de médicaments.
- Chocs anaphylactiques, réaction
générale d'allergie avec choc vasculaire.
Réaction redoutable et redoutée de
tout médecin en raison du pronostic de mort
possible en l'absence de traitement adapté
(adrénaline 0.25mg en SC à réaliser
d'emblée en cas de signes de choc).
Bilan
de l' atopique:
1/ Par le médecin généraliste:
Le bilan d'un atopique est
avant tout clinique.
Il repose bien sûr sur un interrogatoire à
la recherche d'une hérédité atopique,
mais il recherche également la notion d'une
infection précoce ou d'une malformation originelle
sources d' une dysimmunité par perturbation
du rôle physiologique de la peau ou des muqueuses.
Il se complète systématiquement de
l'examen de la peau, du nez, des oreilles, de la gorge,
des poumons, des yeux .
Les examens complémentaires: ils ont peu d'intérêt...une
hyperéosinophilie, un phadiatop° positif
ou une hyperIgE ne seront jamais que des signes très
indirects et parcellaires et tout au plus peuvent
ils servir à se convaincre de la nécessité
d'un bilan allergologique.
Seule la clinique est déterminante
dans l'évocation d'une cause allergique.
Les autres examens peuvent être réalisés
par l'allergologue aussi bien que par le généraliste,
il s'agit de la recherche de causes de dysimmunités:
*radiographies ou scanner de cavum ou sinus, panoramique
dentaire devant des pathologies orl chroniques.
*radiographies pulmonaires devant un asthme, TOGD...
*Schirmer, test de rupture lacrymale...
2/ Par l'allergologue:
Il est assez similaire au bilan du généraliste
en ce sens qu'il repose d'abord sur un examen clinique
complet couplé à un bon interrogatoire
ciblé sur l'enviroennement aérien, chimique
et alimenatire.
Il en diffère principalement par deux points:
*les tests cutanés:
Il s'agit dans le bilan8 de compléter
la prise en charge des troubles aspécifiques
par la prise en charge spécifique des facteurs
déclenchant que sont les allergies. L'allergène
identifié sa surveillance sera plus aisée,
le contrôle de la maladie meilleur et lĠadhésion
du patient au traitement plus facile.
Ils permettront également à l'allergologue
de savoir quels produits utiliser dans le cadre d'une
désensibilisation éventuelle.
Ils sont réalisés la plupart du temps
en prick tests (lancettes en plastique pointues) qui
servent à mettre en contact l'allergène
et les mastocytes cutanés.
Un témoin positif et un témoin négatif
accompagnent toujours une série de tests cutanés.
Ils apprécient la présence et l'importance
d' IgE spécifique fixées au mastocyte
d'un allergène donné.
*l'exploration fonctionnelle respiratoire:
Il est indispensable pour un allergologue de pouvoir
et de savoir apprécier l'état inflammatoire
bronchique.
A l'heure actuelle cela repose sur une spirométrie
avec courbe débit volume et mesure de la réversibilité.
Il s'agit d'un examen simple, réalisable par
un opérateur entraîné à
partir de lĠâge de 4 à 5 ans.
C'est un examen indispensable au suivi d'un asthmatique.
La biologie de l'allergologue se différencie
de celle du généraliste par la recherche
parfois de troubles immunitaires quantitatifs ou qualitatifs,
par le dosage des IgE spécifiques détectés
en tests cutanés ou douteux, par la recherche
de maladies rares ou autoimmunes...
Les radiographies non réalisés récemment
seront ou non demandés afin de compléter
le bilan initial de la maladie.
Parfois l'allergologue réalisera en sus des
tests de provocation, tests de perméabilité
intestinale, réintroduction mais toujours en
structure hospitalière.
Tous ces temps étant réalisés
nous serons alors en mesure de concevoir la prise
en charge thérapeutique et préventive
de l'atopie.
Thérapeutiques9 :
1/ Rétablir les défenses naturelles:
*Suppression des irritants, des toxiques, des allergènes.
*Crèmes émollientes, huiles, larmes
artificielles...pour restaurer les 'barrières"10
.
*Immunothérapie aspécifique (extraits
protéiques microbiens).
2/ Traitement de l'inflammation:
Anti-inflammatoires stéroïdiens, surtout
en cure courte par al bouche parfois(1 à 2mg/kg
chez lĠadulte et jusqu'à 4mg/kg chez lĠenfant)
ou en topique au long cours.
Certains Anti-histaminiques par leurs activités
annexes
Théophyllines
Anti-leucotriènes
3/ Prévention de l'inflammation allergique:
Anti-histaminiques
Cromones
4/Traitement de la cause:
Immunothérapie spécifique ou désensibilisation11
dont l'efficacité est maintenant validée
en double aveugle contre placebo.
Elle comporte deux phases:
*une phase initiale d'induction de tolérance
qui répond aux règles antiques connues
sous le nom de Mithridatisation.
Elle consiste à partir de dilution très
faibles qui ne déclenchent pas l'allergie et
d'augmenter de façon progressive et soutenue
les doses pour arriver à faire accepter à
l'organisme les doses normalement pathologiques. elle
se traduit par une anergie des mastocytes et basophiles
vis à vis de l'allergène concerné.
*une deuxième phase dite de désensibilisation:
le maintien pendant trois ans de la dose pathologique
entraîne au niveau du système immunitaire
des modifications de réponse avec induction
d'une tolérance immunitaire.
Le mécanisme exact n'est pas établi:
cellules suppressives, anticorps bloquants, réseau
idiotypique...Tous ces mécanismes semblent
diversement impliqués.
En conclusion,
si les thérapeutiques à notre disposition
pour traiter l' atopique sont multiples, elles reposent
toutes sur les mêmes principes:
*Restaurer les barrières cutanées et
muqueuses
*Traiter l'inflammation
*Prévenir la réactivation
*Et supprimer la cause.
Cette prise en charge est parfois lourde et il semble
donc logique de nous intéresser à la
prévention des allergies à une plus
grande échelle pour espérer juguler
cette endémie.
Traiter l'allergie c'est déjà la première
étape de la prévention puisque cela
consiste à restaurer des barrières efficaces.
Prévention12
"Prévenir c'est guérir" disent
nos grands-mères...Cette expression commune
trouve toute sa place dans le cadre des maladies allergiques.
Prévenir les allergies sera aussi profitable
à l" atopique qu'à l'allergique
sans terrain. Pour cela il faut cependant hiérarchiser
les mesures et savoir quoi prévenir chez qui...Il
convient donc d'établir le risque en fonction
de deux critères simples: hérédité
(atopie) et environnement.
1/Hérédité:
Nous l'avons vu la transmission de l' atopie (prédisposition
immunitaire à l'allergie) est une réalité
scientifique, elle se retrouve dans les statistiques:
Un enfant naissant d'un couple sans allergies n'aura
que 5% de chances de présenter une allergie
dans l'enfance.
Un enfant naissant d'un couple dont l'un des parents
présente des allergies aura 25% de chances
de présenter une allergie dans l'enfance.
Un enfant naissant d'un couple dont les deux parents
présentent des allergies aura 55% de chances
de présenter une allergie dans l'enfance.
Un enfant naissant d'un couple dont les deux parents
présentent le même type d'allergie aura
80% de chances de présenter une allergie dans
l'enfance.
2/Environnement:
Nous l'avons vu, la perturbation des défenses
immunitaires passives ainsi que les quantités
trop importantes d'allergènes sont sources
d'allergie. Ceci est vrai chez le commun des mortels
mais encore plus chez l'atopique.
Il faut également réaliser quels sont
les dangers pour notre organisme, on les distinguera
schématiquement de deux types:
*allergènes et irritants muqueux
*allergènes et irritants cutanés
Ces substances sont parfois à la fois allergène
et irritant mais bien souvent elles sont seulement
irritantes ou seulement allergisantes.
Nous allons maintenant détailler point par
point ces différentes sources d'allergènes
et d'irritants. Bien entendu la séparation
n'est pas aussi caricaturale et un allergène
cutané peut aussi bien jouer un rôle
muqueux mais cette simplification essaie d'être
didactique.
A/ Environnement Muqueux:
irritants:
Tabac
Pollution (NO, O3, CO...)
Humidité excessive
Virus
Médicaments (ains)
Aliments irritants, histaminolibérateurs,
histaminogènes...
Conservateurs
Allergènes:
Acariens13
Débris dĠinsectes (blatte)
Poils d'animaux
Plumes
Pollens
Moisissures
Aliments
B/ Environnement cutané:
Une allergie immédiate se mêle
alors souvent à une allergie retardée.
Irritants:
Microbes
Savons
Parfums
Cosmétique
Laine
Fibres synthétiques
Produits des industries (huiles, résines,...)
Allergènes:
Tous les produits de la batterie ICDRG pour
lĠeczéma
Aliments
Acariens
Microbes
Pollens
Médicaments
Bien entendu ces listes ne se veulent ni complètes
ni exhaustives mais simplement indicatives. A leur
regard, on peut constater immédiatement que
tout ou presque est source d'allergie. Il n'est pourtant
pas possible de vivre isolé du monde extérieur:
les sources contrôlables d'irritants et d'allergènes
devront être contrôlées simplement.
Nous l'avons vu l'allergie entraîne son propre
phénomène d'autoentretien, il va donc
nous falloir désamorcer la "bombe atopique"
le plus en amont possible. Nous rappellerons ici que
traiter l'allergie c'est prévenir de nouvelles
allergies en empêchant la chronicité
de la maladie.
PREVENTION
Prénatale,
Le seul facteur prénatal notable influençant
le risque allergique est le tabagisme maternel. Une
mère qui fume pendant la grossesse multiplie
par deux le risque d'avoir un enfant atopique.
A noter également que la consommation d'aliments
à risque d'allergie par la maman d'un petit
atopique est également considéré
comme un risque d'allergie pour celui-ci par passage
transplacentaire des allergènes mais ceci va
à l'encontre de l'effet protecteur de la désensibilisation
poursuivie pendant une grossesse qui est lui bien
établi.
En périnatal,
l'allaitement maternel est conseillé bien
que la consommation par la maman d'allergènes
majeurs puisse induire une allergie chez l' atopique
au travers de l'allaitement.
Un problème fréquemment rencontré
est celui du biberon de complément, celui-ci
doit être un lait hypoallergénique sans
quoi une "allergie" au lait de vache peut
être fréquemment rencontrée.
Le latex étant actuellement de mauvaise qualité
et donc très allergisant il conviendra d'utiliser
de préférence des tétines en
silicone qui sont également plus hygiéniques
car moins poreuses.
Le plus tôt possible et dans l'idéal
avant l'arrivée de l'enfant, des mesures de
prévention environnementale doivent être
mises en place:
*Suppression du tabagisme
dans une pièce fréquentée
par lĠenfant et dans la voiture.
*Prévoir une
chambre saine:
Pas de nid à
poussière (moquette, tentures, tapis, bibelots,
...).
Pas de plante verte
dans une chambre.
Pas d'animaux si possible,
du moins jamais dans les chambres.
Choisir une peluche
et une seule pour l'enfant et qui soit lavable.
Prévoir un air
de qualité: humidité normale (40%
d'hygrométrie), non surchauffée
(<20°C), fréquemment aérée
ou ventilée (attention aux systèmes
de ventilation).
Faire disparaître
les sources d'humidité (tâches de
moissures, fuites au plafond...).
La prévention des allergies alimentaires
est concomitante:
Lors de la diversification le nourrisson fait son
apprentissage immunitaire des différents allergènes
alimentaires. Sa flore intestinale n'est pas encore
correctement développée et ses IgA sécrétoires
sont encore en quantité insuffisantes pour
jouer leur rôle de barrière efficacement.
C'est une période délicate où
les allergies peuvent facilement se développer.
De plus une alimentation lactée exclusive est
physiologiquement possible jusqu'à un âge
avancé (18 mois).
Il convient donc de respecter des règles simples
*Ne diversifier qu'à
partir de cinq mois.
*Diversification: un
aliment nouveau à la fois par semaine.
*Attention aux aliments
à risque:
*Arachide, sous toutes
ses formes à ne pas introduire avant un
an, 18 mois chez l'atopique. La forme cacahuète
entière n'est autorisé qu'à
partir de deux ans en raison du risque d'inhalationet
de corps étranger intra-bronchique.
*Oeuf, introduire à
un an le jaune, puis huits jours après
le blanc.
*Poisson, à introduire
après 9 mois.
*Soja, après
9 mois
*Fruits exotiques, présents
dans de dangereux mélanges ils sont souvent
donnés précocement à nos
nourrissons et sont de plus en plus responsables
d'allergies. On ne les introduira qu'à
neuf mois et toujours de façon isolée.
Chez l' atopique, il convient de rajouter au moins
trois mois à la date d'introduction de ces
aliments afin de limiter encore le risque de sensibilisations.
Cette prévention est primordiale car une allergie
à l'oeuf ou à l'arachide peut empoisonner
l'existence d'un foyer pendant de nombreuses années
et parfois même peut elle amener le décès
d'un enfant (en 1997, l'allergie à l'arachide
a été responsable de la mort de 50 personnes
aux Etats Unis, la plupart étaient des enfants).
En
conclusion,
nous avons vu les mécanismes qui sous-tendent
les maladies allergiques et nous avons isolé
deux populations inégales devant les allergies:
le patient "atopique" et le sujet "normal".
Les thérapeutiques à notre disposition
ont considérablement progressés ces
dernières années et permettent de contrôler
la plupart des manifestations cliniques correctement
cependant la guérison complète n'est
pas encore la règle.
Il est important de réussir à juguler
l'augmentation considérable d'endémie
des maladies allergiques et cela passe par l'éducation
de nos patients aux risques de leur environnement
.
Des fiches didactiques de prévention ont donc
été établies et doivent servir
de base à la mise en place d'un environnement
moins propice aux allergies.
C'est seulement à ce prix que l'on peut espérer
que les allergies ne deviennent jamais la troisième
maladie en terme d'importance pour l'OMS.
Bibliographie:
1/BACH
J.F., DAVID B.-Etats dĠhypersensibilité.in
J.F. BACH - Traité dĠimmunologie. Médecine-Sciences
Flammarion, 1993, Chap 37, 825-857.
2/DESSAINT
J.P., CAPRON A.-Hypersensibilités à
IgE. in J.F. BACH - Traité dĠimmunologie. Médecine-Sciences
Flammarion, 1993, Chap 28, 605-626.
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