|
Les
patients souffrant d'urticaire
sont très nombreux tant de façon aigüe
que chronique. L'urticaire est la résultante
d'une activation des cellules cutanées de l'allergie
(mastocytes) non
nécessairement liée à une allergie.
Elle doit son nom aux lésions typiques issues
du contact avec des plantes de la famille des urticacées
(orties).
Il
est à noter que le cycle circadien des mastocytes
explique la réalisation de lésions vespérales
à exacerbation nocturne et l'absence de lésions
résiduelles en fin de matinée au grand
dam du malade qui était venu voir en urgence
son médecin traitant aprés une nuit
abominable de démangeaisons...
Beaucoup
d'urticaires aigües sont d'origine infectieuses
(virus des hépatites, coxsackies, cmv etc...)
ou toxiques liées à un surdosage
en susbtances histaminolibératrice (chocolat,
café, thé etc...).
Certaines
sont facilités par des pathologies sous
jacentes (hyperthyroidie, Lupus, hépatite
chronique, etc...) ou encore simplement par un "terrain"
histaminolibérateur (le phénotype
typique du roux/blond à la peau très
blanche). Bien sûr il existe des urticaires
"neurologiques" ou "psychologiques"
mais celles-ci sont un diagnostic différentiel
bien souvent témoin de notre ignorance et masquant
poliment une autre réalité. Il faut
tout de même reconnaitre que l'expression "il/elle
me donne de l'urticaire" est le témoin
oral de ce phénomène.
Les
causes allergiques usuelles des urticaires
sont essentiellement alimentaires (les allergènes
en cause sont variables selon l'âge) mais les
allergènes aériens (pollens, acariens,
moisissures...) ne sont pas à négliger
surtout chez les patients souffrant d'autres formes
d'allergies immédiates (rhinites,
conjonctivite, asthme...).
Les formes chimiques sont à l'heure actuelle
les moins bien connues: le GERDA impute le rôle
du formol, de
la colophane,
de la ppd, du baume
du pérou et de bien d'autres substances
usuellement placées en "allergie retardée"
mais dont les effets "immédiats"
sont clairs (le mécanisme n'est pas forcément
IgE médié d'ailleurs).
De plus en plus on implique également l'association
substance chimique (ie:parfums) et UV avec photosensibilisation
dont le diagnostic de certitude est trés laborieux
(photo-patchs tests en Unités spécialisés
et corrélés à la dose d'UV activatrice).
Il
serait dommage de négliger de parler du rôle
non allergique des aliments dans la genèse
et l'entretien des urticaires. Nous l'avons vu, la
lésion d'urticaire est liée à
l'histamine libérée par les mastocytes
et cette libération s'auto-entretien.
Certains
aliments amènent directement à l'organisme
de l'histamine permettant donc la prolongation de
la crise, ce sont principalement:
- les
fromages et aliments fermentés (roquefort,
reblochon, choucroute, etc...)
- les
boissons fermentées (bière, cidre..)
- les
charcuteries
- les
conserves (hareng, thon...)
- les
poissons de teneur en histamine variable selon l'état
de fraîcheur (thon, saumon, hanchois, sardines,
harengs, ...)
- les
épinards
- les
tomates
Les
aliments libérateurs d'histamine:
- oeufs
- chocolat
- fraises,
ananas, fruits exotiques...
- crustacés
frais
- poissons
- alcools
- tomates
- thé,
café
Les
aliments riches en Tyramine (précurseur chimique
de l'histamine):
- fromages
(bourseault, gruyère, camembert, brie, roquefort...)
- poissons
fûmés
- gibiers
- saucisses
- chocolat
- tomates,
choux, raisins
- vins
blancs
A
cette longue liste viennent se rajouter la tartrazine
(E102) et l'érythrosine (E127) ainsi que l'aspirine,
les anti inflammatoires non stéroidiens, la
codéine et les sulfites (E220 à E227)
qui sont responsables de façon dose dépendante
d'une activation des cellules mastocytaires.
J'ajouterai
à cette liste les pathologies de fermentation
que l'on retrouve chez les grands buveurs de lait
et qui sont susceptibles d'entrainer une flore digestive
particulièrement productrice d'histamine et
par là même expliquer les "pseudo-allergies"
au lait qui sont parfois évoquées en
médecine "douce".
le
traitement de l'urticaire est donc dans un premier
temps la mise au repos des mastocytes par une inhibition
forte et durable de ceux-ci (traitement anti-histaminique
de type 1, tritoqualine, et mesures alimentaires)
afin d'obtenir un arrêt de cet enchainement
d'activation.
Le
traitement étiologique sera en cas d'allergie,
le traitement de cette allergie soit une éviction,
soit une désensibilisation si l'allergène
est un produit standardisé.
|
|